Les réseaux sociaux sont une source d’identification importante notamment chez les jeunes. Les réseaux sociaux favorisent les comparaisons sociales ce qui n’est pas sans impact sur l’estime de soi. Les contenus trop idéalisés, sous un mode très féerique ou héroique semble fasciner plus d’un, ce qui rend les réseaux sociaux comme modèle de référence ou encore le modèle à suivre de beaucoup d’adolescents ou adultes.
Rappelons le que la majorité des informations reçues passent par les réseaux sociaux. L’utilisation est plus fréquente chez les – de 35 ans et davantage utilisée par les jeunes filles ou jeunes femmes.
Un des réseaux marqués par l’effet de comparaison est instagram, plateforme axée sur le partage des photos et vidéos, puis un accès aux échanges en ligne ce qui rend cette plateforme plus populaire chez les jeunes.
1.Qu’est ce une comparaison sociale ?
La théorie de la comparaison sociale de Léon Festinger (1954) offre un éclairage précieux sur notre inclination naturelle à nous évaluer en nous évaluer en nous comparant aux autres.
La comparaison sociale est un processus intrinsèque à la nature humaine, les individus évaluent leurs propres opinions en compétences en se comparant à autrui. Selon Festinger, nous utilisons les autres comme des points de références pour évaluer notre propre valeur, nos croyances et nos capacités.
La comparaison peut être de différentes formes :
>Ascendante : c’est le fait de juger les capacités d’une autre personne inférieure aux siennes.
>Latérale : c’est le fait de juger les capacités d’une autre personne égale aux siennes.
>Descendante : le fait de juger les capacités physiques d’une autre personne supérieures aux siennes.
Les effets de ses comparaisons ont des impacts non négligeable sur les individus. On peut retrouver des signes cliniques comme :
+ Mésestime de soi ( la personne ne s’apprécie pas à sa juste valeur)
+ Découragement de soi ( des phrases comme « je ne serai jamais à la hauteur ») .
+ Emotions négatives (tristesse, frustration, sentiment d’impuissance).
+Sentiment d’injustice ( des discours tel que « pourquoi elle et pas moi ? »)
En étant exposé en permanence à des images bien choisies, parfaitement soignée, filtrées, cela convoque inlassablement un idéal de la part de ce qui les visionne. C’est ce qui incite à nous comparer à ce que l’on voit.
Cette comparaison nous décentre de qui l’on est pour ce qu’est l’autre. Ce sentiment de ne « pas être assez » bien, beau, performant, heureux rend la vie pénible pour certains. Cela devient une pression constante qui pousse toujours à vouloir plus, à devenir comme l’autre que l’on idéalise via ses photos et ou vidéos postés. On ne s’accepte alors plus tel que l’on est pensant que l’autre est mieux ou plus chanceux, entravant l’estime personnelle, mais aussi l’image du corps ce qui induit à un sentiment d’insécurité. On peut observer cette perspective surtout chez les femmes qui se compare beaucoup sur l’apparence physique, d’où certains contenus très « corporalisé ».
2.Les femmes plus concernées que les hommes ?
Les femmes seraient plus sujettes aux comparaisons sociales surtout à travers les réseaux sociaux.
La femme est souvent exposée aux exigences sociétales, ce qui lui donne l’impression de ne jamais en faire assez. D’autant plus que les normes sociales évoluent avec le temps, il lui « faut » également évoluer avec celles-ci. D’ailleurs, certains médias n’exposent la femme que par l’aspect corporel, une emprise des dispositifs numériques qui contribuent toujours à promouvoir des représentations idéalisées de la silhouette féminine et des pratiques alimentaires esthétiques et sportives qui vont avec.Celles qui peinent à observer ces normes ont un sentiment d’exclusion, le sentiment de ne plaire à personne. C’est parce qu’elles sont différentes, qu’elles ne sont pas assez bien qu’elles vont tentez des choses drastiques (des chirurgies bariatriques, des interventions de chirurgies esthétiques…). Elles vivront en permanence de l’anxiété voire même basculer en dépression si malgré ces tentatives, elles ne correspondent toujours pas à cet idéal véhiculé par les réseaux sociaux.
3.Liens entre anxiété et dépression
Des études ont pu démontrer une corrélation entre le temps passé dans les réseaux sociaux et des niveaux d’anxiété et de dépression bien élevés.
Cela s’explique par certains facteurs comme :
Une peur de rater un contenu, une infos ( une compulsion à consulter régulièrement les applications )
Besoin permanent d’approbation, de validation qui se fait via des likes, partages de commentaires créeant une dépendance à l’avis des autres et donc une « peur de ne pas plaire ».
Phénomène bien connu et malheureusement assez fréquent est le cyber-harcélement, qui touche à l’image de soi et qui peut avoir des conséquences dramatiques sur du long terme surtout chez les adolescents.
Le bien être psychologique est évidemment altéré par tous ces mécanismes, et ce que l’on peut constater c’est une utilisation des applications de plus en plus fréquente, parfois assez tardive conduisant à des troubles du sommeil. Les réseaux sociaux laissent penser que l’on est connecté aux autres mais en réalité il crée un fossé entre soi et le monde extérieur. Le constat est que beaucoup d individu ressentent un réel isolement social.
4.Pourquoi parle t’on de nocivité lorsqu’on parle de comparaison sociale ?
La comparaison sociale en soi est un phénomène naturel que toute personne traverse dans la vie. Sauf que les réseaux sociaux amplifient ce phénomène car ils montrent quelque chose que nous n’avons pas ou ne nous sommes pas, cela donc renvoie comme à un sentiment d’échec personnel (surtout chez les personnalités plus vulnérables).
Il est important de souligner que ce l’on voit dans les réseaux n’est juste un fragment « idéalisé » « enjolivé » de la réalité de ou des autres. On oublie même que ce que l’on perçoit est retouché, trier, filtrer, décoré. Les images ont donc une tendance attractive.
C’est ce biais cognitif qui nous laisse penser que ces vies dans les images ou vidéos postés sont « réelles » et que notre vie à coté n’est pas si « belle » donnant un sentiment d’insatisfaction perpétuel, et un manque de confiance en soi accrue.
Les Recommandations face aux réseaux sociaux
Il existe heureusement des recommandations pour une utilisation plus saine des réseaux sociaux.
Il n’est pas question de «s’extraire » des réseaux sociaux mais de les repenser différemment afin de préserver sa santé mentale et de gagner en lucidité.
Voici les quelques recommandations :
- Limiter les temps d’écran
L’utilisation des temps d’écran est crucial pour se recentrer un peu plus sur soi et de prendre en compte ce que l’on a. Moins on passe de temps sur ces applications, moins on sera tenté d’y retourner constamment ; cela aide à réduire son usage complusif.
- Trier voire se désabonner de certains comptes
Des comptes qui génèrent pas mal de frustration face à la comparaison peuvent être supprimés. S’abonner à des applications ou l’effet comparaison est moindre, est ce qui aspirent à l’élevation de soi, du bien être psychique
- Travail de pleine conscience numérique
Lorsque l’on a cette première intention de scroller, il est recommandé de se poser cette question.
Pourquoi je fais cela ? qu’es que je cherche réellement ? ai-je pas autre chose à faire de plus important ?
Une régulation bénéfique qui permet de ne pas passer tout son temps devant les écrans.
Se dire que ce l’on voit n’est pas tout à fait la réalité
- Prendre conscience que les contenus publiés ne sont pas tout à fait la réalité vécue. C’est une mise en scène destinée aux public dans le but d’avoir des likes, commentaires et tout ce qui rapporte à l’éloge de soi.
S’autoriser à prendre du temps pour soi en se déconnectant de temps en temps des réseaux.
Prendre du temps pour soi fait partie d’un travail d’introspection, d’accepter qui l’on est et ce que l’on a. Cela donne un sentiment de bien être.
Ce travail ne peut se faire que loin des réseaux qui ne laisse pas de temps et d’espace pour soi ; d’ailleurs certains peuvent se sentir encore plus mal lorsqu’ils sont « trop » connectés aux réseaux.
A l’ère des nouvelles technologies, les réseaux sociaux ont une place prépondérante dans nos moyens de communications et publications donc ils ne sont ni bons ni mauvais en soi ; c’est dans leur usage que tout peut se jouer. Il est évident que si une personne n’a pas confiance en elle, elle recherchera ailleurs ce qu’elle n’a pas. Ils peuvent donc être une source importante de stress et de frustration.
Prendre conscience que ces outils induisent cette comparaison est un premier pas vers une utilisation plus équilibrée. Plus encore, moins de temps passé sur les écrans, plus on développe un sentiment de bien être et par conséquent une bonne santé psychique.
